samedi 25 février 2017

Club Berlin - Tresor Berlin - Sortir à Berlin -Boite Berlin - Clubs Berlin - Nightclub Berlin













6H30 du mat'
On s'extirpe du Ritter Butzke, la face affublée d'un losange douteux, griffonné par une maquilleuse improvisée.
Michel et moi trouvons la motiv' pour se taper quelques stations de U-bahn vers le Trésor.
Un des clubs les plus réputés après le Berghain, pour sa techno agressive et animale.
A l'entrée, et malgré l'heure tardive, encore un peu de queue.
Le soleil ouvre un oeil.
On marchande le prix de l'entrée, c'est le matin merde.
Notre maquillage fait la différence, on s'en tire pour 15 balles à 2.

Le poignet tatoué, nous pénétrons dans un immense tunnel.
Froid, long et sombre, nous sommes rapidement avalés par son obscurité épileptique.
Seuls les crépitements de lumière, rythmés par le bourdonnement des basses lointaines, permettent de ne pas marcher à tâtons.
La lourdeur du beat s'amplifie petit à petit.
Un écho impressionnant se répercute sur les épais murs de ciment.
Au bout, une enseigne rouge et lumineuse scintille pour nous rappeler le nom de l'endroit.
Alors nous pénétrons dans la salle principale, le niveau de décibel devient extrême.
Au fond, le DJ se déchaîne dans sa cage.
Séparé des noctambules par d'imposants barreaux de prison, il dodeline de la tête.
La foule apparaît par intermittence, au rythme des flashs saccadés par une lumière blanche aveuglante.
Je me fraie un chemin avec mon acolyte, sonné et impressionné par le spectacle et la violence du lieu.
Un canon à fumée plonge la faune dans les ténèbres. 
Les enceintes crachent plus fort que jamais.
La fumée annihile tout repère visuel. 
Les éclairs frénétiques propulsent des ombres irréelles qui prennent vie une fraction de seconde.
Hypnotisé, je vibre au rythme de ce son spectaculaire et fascinant. 
Certains s'agitent de manière démente, . 
D'autres, se meuvent curieusement, magnétisés par les ondes.
Après 3 heures hors du temps, mon compère m'accroche le bras, mort de fatigue. 
Il est temps de rentrer.

Köpenicker Straße 76
10179 Berlin
Arrêt Heinrich Heine-Str (U8)

Posté le samedi, février 25, 2017 par Clément Schmitt

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dimanche 2 octobre 2016


Kit Kat Club Berlin - Club Berlin - Bar Berlin - Boite Berlin - Sortir à Berlin












A ma sortie du club, je comprends le choix du nom de la célèbre barre chocolatée.
Certains se considèrent comme une friandise.
Une fois l'emballage enlevé à l'entrée, ils se laissent déguster par la suite.
Parce que oui, au Kit Kat, il ne faut être ni prude ni pudique. 
On vous le fait comprendre dès le vestiaire.
Avec un dilemme auquel je n'aurais jamais pensé être confronté.
Enlever son fut ou être torse nu, je ne pourrai pas entrer entièrement couvert.
Sans savoir pourquoi, j'enlève le bas. 
Choix que je regretterai quelques heures plus tard.
Lorsque je perdrai cigarettes et billets, faute de poche.

Je jette un oeil dans le miroir qui jouxte le vestiaire
Le style caleçon, chaussettes mérite le coup d'oeil.

L'homme qui embarque mon pantalon apparaît fier comme un prince avec sa couronne.
Son seul apparat se résume à un coquelicot qui trône au sommet de son obélisque.
Son regard fixe et libidineux me rend un brin mal à l'aise.
PiG, qui a bien choisit son lieu d'anniversaire, est plus inspiré et se met torse nu.
On est prêt.

Première surprise en débarquant dans la salle, un affreux personnage s'astique l'engin.
Assis sur son banc, son geste semble inné. 
Similaire à une araignée qui tisse sa toile, il s'exécute avec une obstination remarquable.
Mécanique et redondante, l'action semble vouée à ne jamais s'arrêter.
Passée cette première rencontre, je continue mon chemin et tombe sur une piscine.
Ou plutôt une fosse à V.I.H.
Même la plus chaude des nuits d'été me tiendrait à l'écart de ce marécage.
En sortant, j'aperçois un escalier en colimaçon. 
Je retrouve PiGeon à proximité.
Nous partons découvrir l'étage.
Arrivés en haut, une partouze. 
Ou plutôt un enchevêtrement inextricable de mâles en action.
Horizontal ou façon légo, chacun y trouve son compte.
L'un d'eux interrompt sa gâterie et pose un regard sur moi.
Je descends (vite) les escaliers.

Nous allons profiter des fruits frais et prédécoupés mis à disposition au bar.
Amusé, je me laisse à observer la foule, spectatrice ou protagoniste selon la situation.
Aucune de ces actions ne semblent choquer. 
Cet antre n'est régi par aucune morale.

Je sens de l'agitation sur ma gauche qui me sort de ma contemplation ahurie.
Une cougar en bas résille tend une jambe et vient gratter le mollet de mon collègue.
Je ris mais m'écarte par précaution.

Au milieu de ce spectacle mêlant surprise et amusement, un regard.
Féminin cette fois.
Insistant mais sexy. 
Aguicheur sans être vulgaire. 
Je me laisse tenter.
Elle a prévu la tenue appropriée.
Mon accoutrement fait pointer un inconvénient supplémentaire.
Au milieu de la piste, nous apercevons un lit. 
Un couple y fait vigoureusement l'amour.
Un troisième est occupé à lapper l'anneau du premier.
L'inconvénient s'évanouit.
Nous partons.

De cette soirée je retiendrai une chose.

Draguer en caleçon, c'est possible.


Köpenicker Straße 76
10179 Berlin
Arrêt Heinrich Heine-Str (U8)

Posté le dimanche, octobre 02, 2016 par Clément Schmitt

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jeudi 17 mars 2016

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C’est LE club à Berlin.
Symbole de la vie nocturne berlinoise et internationale.
Prononcez Bairkagne pour avoir l’air cool.
Vous ne trouverez quasiment aucune photo de l'intérieur.
Déjà, pour préserver son aura mystérieuse et intrigante.
Mais surtout car ce qui s'y passe n'est pas fait pour être vu.
Meilleurs DJs, meilleur système de son, meilleur club au monde.
Le club regroupe tous les superlatifs.
Mais pas seulement.
Le Berghain, c'est aussi drogue et décadence.
Ce sont des soirées qui s'étalent sur 72H de suite.
C'est un sous-sol à la réputation extrême.
Connu pour ses soirées «caca » et ses balançoires à fist.
C'est une défonce permanente où aucune règle, aucun tabou, aucune limite ne viendra vous arrêter.

Gonflés à bloc, nous partons donc à l'assaut du monument.
En pleine zone industrielle, nous apercevons la mythique bâtisse.
Des basses puissantes et régulières s'échappent d'épais murs gris et défraichis.
En s'approchant, on distingue des lumières colorées qui jaillissent des vitres ternes et crasseuses.
Abritant jadis une usine électrique, le colossal bloc de béton est réellement impressionnant.

Une queue extrêmement longue nous fait face.
Un marchand de bière ayant senti le bon plan s'est installé en amont.
Un ravitaillement deux fois plus cher qu'à l'accoutumer.
Ce qui ne décourage pas la file d’attente de plus de 2H, qui s'abreuve sans broncher.
Plus nous avançons, plus le nombre de groupes refoulés se fait remarquer de manière inquiétante.
Sven, videur emblématique du lieu, se dresse enfin devant nous.
L’homme au visage recouvert de tatouages nous scrute sans dire un mot.
Il n'en dira finalement qu'un.
Nein.
Index pointé vers la direction de la déception.
Aucune raison ne sera donnée.
On oublie qu'on vient de se les geler deux plombes dans le froid et on s'arrache dans l'indifférence.
Parce que oui, la réputation du Berghain s’est aussi construite sur sa très sévère sélection à l’entrée.

Environ une personne sur deux est autorisée à franchir les portes.
Fatalement, une personne sur deux entend "Nein".
Cette personne, je l’ai été à plusieurs reprises.
Sept fois de suite pour être précis.
Mais jamais désespéré.
Animé par une obstination obsédante, j’ai tenté et retenté.
Lu « le berghain pour les nuls ».
Suivi les multiples conseils des précédents entrants.
Essayé de rentrer avec plusieurs combinaisons possibles.
A deux avec une fille.
A deux avec un mec.
Tout seul.
Habillé en noir, avec capuche, sans capuche...
Rien n’y faisait.

Pendant cinq mois, tel un puceau, je devais avouer honteusement ma virginité du Berghain.
C'était comme aller faire une grille de loto hebdomadaire.
Les chances sont faibles mais on tente quand même avec une certaine excitation.
Pour éviter de moisir chacune de mes soirées, les tentatives s'effectuaient en deuxième partie de nuit.
Je ne disais même plus : "je vais tenter le Berghain".
Mais : "je vais me faire recaler et je vous rejoins".
Jusqu’au jour où ...

Lire la suite Berghain (2/2) : Enfin !

Am Wriezener Bahnhof 1,
10243 Berlin
Arrêt Ostbahnhof
Ven - Dim

Posté le jeudi, mars 17, 2016 par Clément Schmitt

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mercredi 29 juillet 2015

Spreepark Berlin,  parc attraction abandonné Berlin




















On peut l'apercevoir du pont de Warschauer.
Une grande roue, statique.
C'est le symbole du SpreePark, parc d'attractions abandonné depuis plus de 10 ans.
Un dimanche d'Automne, Bubulle nous convainc d'aller s'introduire dans l'endroit.
Parce que oui, défense d'entrée étant donné la vétusté du lieu.
Après avoir longé la clôture, nous trouvons un endroit approprié pour la traverser.
Pas de garde en vue.
Sans savoir que l'entrée se trouve en fait à l'opposé, nous nous enfonçons dans les bois.

Après quelques minutes de marche à se frayer un chemin dans la végétation dense, nous tombons sur un wagon renversé.

Nous apercevons des rails sinueux que ce dernier parcourait jadis inlassablement, absorbés après quelques mètres par un sombre tunnel.
Probablement le trajet d'un ancien train fantôme
Nous nous engouffrons dans le passage obscur non sans un tumulte de bruits dont l'origine reste inconnue.
Peu rassurés, la lumière de nos téléphones éclaire péniblement l'emplacement de nos pas à venir.

A sa sortie, un marais aussi dense qu'épais ressemble à un green prêt à accueillir une partie de golf.
Nous continuons notre chemin ferroviaire tout en croisant les vestiges sinistres des attractions perdues.
Pour une atmosphère de film d'horreur, c'est inégalable.
Un cygne s'enlise inexorablement dans les profondeurs verdâtres d'un étang qui croasse.
Un dinosaure gît au sol aux côtés de ses pairs comme si leur extinction préhistorique venait tout compte fait de se dérouler quelques années auparavant.
Des bateaux de pirates transpercés par la moisissure parviennent à se maintenir à flot mais partir à l'abordage semble dorénavant compromis.

Soudain, un crissement assourdissant nous assaille.
Alors que nous marchons pour identifier la source de ce vacarme, la grande roue, jusque-là masquée par la végétation, dévoile sa terne splendeur.
Relancés par le vent pour quelques tours d'honneur supplémentaires, les rouages de cette gigantesque masse de ferraille s'exécutent dans un supplice hurlant.
Trônant jadis telle une reine au centre de ce parc de gaieté, elle arbore désormais une figure sépulcrale et agonise, mélancolique de ses années de gloire révolues.
Comme elle si reprenait vie l'espace de quelques minutes, elle agite ses cagettes dans un ballet endiablé, rythmé par les heurts saccadés des mécanismes rouillés comme pour protester contre son statut déchu.
Hypnotisés, nous hésitons inconsciemment à accepter l'invitation de cette attraction d'outre-tombe.
La perspective d'une vue imprenable est vite submergée par la vision angoissante d'un arrêt foudroyant et définitif de la cabine suspendue à des câbles décharnés, 30 mètres au dessus du vide.
Arrêt synonyme de panique dans cette cavité menaçant de s'émanciper à tout moment.
La raison l'emporte sur le fantasque.
Nous quittons cet incroyable endroit alors que la grande roue poursuit son chant funeste et implorant.

J'apprendrai plus tard que des guides auto-proclamés profitent de l'occasion pour organiser des visites guidées en petit train plutôt onéreuses.
Je recommande une découverte aventureuse et non planifiée en soirée qui sera sans aucun doute bien plus saisissante et singulière.









Kiehnwerderallee 1-3, 12437, Berlin
Arrêt Plänterwald S8 ou S9.

Posté le mercredi, juillet 29, 2015 par Clément Schmitt

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jeudi 16 avril 2015



Sachsenhausen, camp de concentration berlin, camp de concentration de Sachsenhausen

On ne se rend pas dans un camp de concentration pour le plaisir.
Mais pour comprendre, se souvenir aussi.
C'est à voir dit-on.
Fascination morbide plutôt taboue.
Alors on va voir.
Lorsque nous descendons à la gare d'Oranienburg, notre guide Ryan nous apprend que nous allons emprunter le même chemin que les déportés d'alors.
Déportés qui, contrairement à notre train confortable, étaient transportés dans des wagons à bestiaux.
Sans eau ni nourriture pendant plusieurs jours.
Inutile de vous dire qu'une sélection naturelle avait déjà été effectuée lorsque les SS ouvraient les portes.

Nous arrivons à l'entrée du camp.
"Le travail rend libre" lit-on.
Nous découvrons divers baraquements et sinistres bâtisses dont nous ignorons encore l'utilité.
Les fantômes des corps décharnés y rodent encore.
Des longs murs épais jouxtant les nombreux miradors délimitent ce lieu de mort.
Au milieu, un espace de pendaison.
La victime y est laissée suspendue plusieurs jours.
En évidence, pour que chacun s'imprègne du destin funeste auquel il est condamné.
En plus de l'atmosphère pesante, la météo du jour est terrible.
En dessous des -10°, du vent, de la neige.
Soudain, on s'aperçoit que l'on porte gros manteau, bonnet, gants et chaussures robustes.
Les détenus, eux,  n'avaient que pour seule protection leur tenue usée de prisonnier.
La tête, les mains et les pieds à découvert.
Ils devaient rester debout des heures durant, pendant que leurs bourreaux aéraient le groupe à leur façon.
On oublie donc de se plaindre.
Nous continuons vers une pièce exposant des tenues et objets symboliques du camp.
Des touristes imbéciles prennent la pause devant les uniformes nazis comme ils poseraient à coté de Mickey à Disneyland.

Il est déjà midi et la faim se fait sentir.
On se dit alors que les résidents forcés auraient rêvé de la moitié d'un seul de nos 3 derniers repas.
Plus la visite avance, plus cette mécanique s'installe dans nos esprits.
Davantage encore, lorsque nous découvrons les latrines exiguës qui ne pouvaient être utilisées que 45 minutes par jour pour l'ensemble du groupe.
400 personnes s'y ruaient quotidiennement dans des conditions épouvantables, sans eau chaude ni savon.
On pense au moment où l'on prend de longues douches de 30 minutes.
Chaudes et réconfortantes.
La visite continue son escalade émotionnelle.
Plus nous avançons, plus le degré d'horreur croît lui aussi.
Nous pénétrons dans l'hôpital.
Comprenez salle d'expériences, salle de tortures, salle de supplices.
Les tables d'opération où les patients cobayes se faisaient opérer sans anesthésie nous sont dévoilées.
Des opérations d'un genre bien particulier qui consistent à laisser un morceau de métal rouillé gangrener lentement votre corps pour en observer la déchéance.
On se souvient du moment où on s'affole d'une petite piqûre chez le médecin pour un banal vaccin.
Les débris des fours crématoires et les pièces d'exécution achèvent de nous donner la nausée.
Les impacts de balle marquent d'une trace indélébile les vies prenant fin selon la cadence des tortionnaires.
On retrouve le même souci du détail, le même pragmatisme barbare découvert à la prison de la Stasi
C'est aussi ça la visite d'un camp de la mort.
Ces découvertes assènent une violente claque à notre petit quotidien lisse et gâté.
Où les manques n'en sont pas vraiment.
Seulement des caprices.
Dommage qu'il faille se rappeler de notre passé sanguinaire pour en prendre conscience.


Camp de concentration de Sachsenhausen
Straße der Nationen 22, 16515 Oranienburg
Visites guidées : http://www.partner.viator.com/fr/7936/tours/Berlin/Sachsenhausen-Visite-guidee-pedestre-du-memorial-du-camp-de-concentration/d488-3817CAMP

Posté le jeudi, avril 16, 2015 par Clément Schmitt

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