mercredi 27 mars 2013

Pour lire la première partie, c'est ici :  Berghain : Nein

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Un samedi de février, je tente pour la huitième fois.
Un groupe de potes est en visite.
Le week-end fut violent. 

Tresor, Suicide Circus, Kit Kat Club : un enchaînement remarquable.
Finir en beauté par la Berghain s'impose.

Problème. Cette soirée rassemble le gratin des DJs pour une nuit très attendue. 
Klock, Dettmann, Fengler, tous les residents sont de sortie.
La sélection n'en sera que plus rude.
C'est comme si après avoir échoué plusieurs fois à pénétrer cette forteresse, un obstacle supplémentaire se dressait, la rendant encore moins accessible.

Le chemin étant désormais familier, nous croisons la file de taxis docilement alignés à proximité.

Tels des charognards ils attendent les victimes certaines du bourreau Sven.
Nous découvrons avec stupeur un amas de gens sans précédent.
Honte à nous, nous décidons de gruger lamentablement.
Avec un talent comparable à Steven Seagal, nous feignons rechercher quelqu'un.
Nous nous insérons l'air de rien.
Une Française nous fait remarquer que nous sommes des gros veaux.
Je me sens comme un enfant pris sur le fait.
Mais la sucette déjà en bouche, il est trop tard pour y renoncer.
Nous lâchons quelques excuses aussi plates que vaseuses mais nous restons à notre place.


Nous sommes à 20 min du verdict.
Deux filles sont à mes côtés, je suis habillé en noir, je n'ai pas de capuche.
Jamais eu autant d'atouts de mon coté.
Le groupe juste devant nous se fait balayer d'un revers de main tatouée.
Leurs mines déconfites font remonter à la surface de récentes terreurs nocturnes.
Je laisse les filles se mettre en valeur et reste donc légèrement en retrait.
Sven fait durer le suspense et nous fait patienter plusieurs minutes en silence.

Il nous indique finalement une direction qui m'était jusque-là inconnue.
Une voix puissante crie victoire en mon for intérieur, 

Je reste néanmoins de marbre lorsque je frôle le visage balafré de mon ancien bourreau avant de m'enfoncer dans les entrailles du club.

Une masse chauve aux yeux suspects me fouille consciencieusement.
J'acquiesce docilement lorsqu'il m'avertit d'un oeil sec que la prise de photo est criminelle.

Nous accédons enfin au dancefloor après avoir gravi un escalier en zigzague.
La hauteur de plafond rend la perspective étourdissante. 

Le poster central est révélateur. Un individu courbé montre son orifice.
C’est à l’image du lieu : un endroit sombre qui doit être exploré avec précaution.
Je contemple longuement le spectacle qui s'offre à moi. 
J'en profite au cas où Sven me rattrape pour me dire qu'il s'est trompé.

La musique est bonne, excellente même.
Les Funktion One, en plus de l'architecture si particulière de la salle, permet un rendu sonore spectaculaire.
Délicieusement puissant mais incroyablement pur.
La foule est follement réceptive et en symbiose avec l'artiste
Je me dis finalement que cette sélection à l'entrée, à la limite de la barbarie, a l'avantage de garder un public passionné.
Tout le monde applaudit à la fin des sets. Fait assez rare pour être souligné.
Après plusieurs heures à s'agiter sur cette techno de qualité, je me lance dans mon hobby favori.
Partir à la découverte de la boîte.
Je demande où se situe le LabOratory juste pour être sûr de ne pas descendre le mauvais escalier.
En parcourant les différents dédales, je remarque une population hétéroclite désarmante.
Bretelle-moustache, trash-sado, cuir-dentelle ou nu, chacun se révèle tel qu'il est.
C'est aussi ça Berlin.
Tous les supposés excentriques, marginaux ou originaux s'y rassemblent.
Tout le monde les accepte, ou tout du moins s'en fout.
Je tombe sur une rangée des fameuses darkrooms.
Les activités qui s'y passent sont diverses et variées.
Certains se reposent, dorment même, d'autres discutent, plusieurs s'emboitent.
Un chauve inspire frénétiquement sa poussière blanche, face contre terre, pendant que son coéquipier lui martèle l'arrière.
C'est comme déambuler dans une galerie où les tableaux se dévoilent les uns après les autres.
Chacun révèle une scène surprenante et singulière.
Ici, ce sont des cloisons qui séparent ces peintures surréalistes.

L'appel de la vessie me pousse à visiter les toilettes.
Malgré la farandole de chiottes, un seul connaît un succès particulier.
On se croirait à la boulangerie un dimanche matin.
Une dizaine de personnes patientent tranquillement en faisant la queue pendant que les autres restent jalousement inoccupés.
Parce que oui, inutile de vous dire que si certains tiennent la soirée sur 3 jours, ce n'est pas de manière naturelle.
Je vous laisse imaginer la foule de hiboux que vous fera face si vous allez vous y balader un Dimanche soir.
En ayant assez vu, je pars explorer le dernier étage, le Panorama Bar.
Moins violent à première vue.
Une population plus conventionnelle, toute proportion gardée.
Un personnage tout droit sorti de Trainspotting transpire à grosses gouttes.
Les yeux creusés et vitreux. Le visage jauni par la fatigue et les produits.
Il s'effondre à intervalles réguliers mais se relève inexorablement?
Je n'ose imaginer le nombre d'heures successives que son corps vient d'enchainer.
Un corps dont les limites ont été largement dépassées mais qui parvient à survivre artificiellement.

Il est 9H, les salles ne désemplissent pas.
L'expérience fut à la hauteur de mes espérances mais il est temps de revoir le jour.



Posté le mercredi, mars 27, 2013 par Clément Schmitt

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dimanche 24 mars 2013

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Au sommet d'un bâtiment d'un autre temps, nous apercevons une grande cheminée.
Privée de portes et de fenêtres, cette ancienne usine à glace apparaît fantomatique.
La visite nocturne est à proscrire.
Après avoir franchi le grillage éventré, je manque de me faire doucher par un individu qui se soulage du premier étage.
À l'intérieur, le néant contraste avec la taille de l'espace.
Seuls des bris de verre et des déchets en tous genre peuplent le sol.
Chaque pas est exécuté précautionneusement.
Plus loin, nous discernons le fantôme des machines archaïques.
Abandonnés quelques décennies auparavant, les mécanismes aux rouages perclus de rouille semblent figés dans le temps. 
Peu rassurant, le sous-sol gardera ses secrets

A l'étage, quelques graffeurs exercent leur art sur les murs fatigués.
Le cadavre d'une balançoire bricolée s'agite au-dessus de nos têtes. 
Le cliquetis sinistre des chaines orphelines résonne avec insistance.
En continuant sur la gauche, nous déboulons sur une pièce.
Sans la présence du matelas, on ne saurait distinguer si cette case ravagée sert de chambre, de poubelle ou de chiottes.
Sur le toit, un beau panorama du quartier se dévoile.
Nous laissons notre esprit vagabondé quelques instants avant de quitter ces ruines obscures et énigmatiques.



S Bahn: Ostbahnhof
Au bout de l'east side gallery tournez à gauche puis à doite après avoir traversé le pont.

Posté le dimanche, mars 24, 2013 par Clément Schmitt

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jeudi 21 mars 2013


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Prononcez Fokou.
Peut être grossièrement traduit par soupe populaire.
Situé dans le quartier branché de Neukölln, l'endroit a des allures clairement anarchistes.
20h, chaque jeudi soir. Un repas avec plat unique est mis à disposition.

Posté le jeudi, mars 21, 2013 par Clément Schmitt

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mardi 19 mars 2013

Le ministère de la Sécurité d’État dit la Stasi, était le service de police politique, de renseignements, d'espionnage et de contre-espionnage de la République démocratique allemande (RDA) créé le 8 février 1950. (Source: Wikipédia)


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La guerre froide.
Période sombre et terrifiante.
Vestige glaçant de cet affrontement sous silence, la prison politique de Berlin fait froid dans le dos.
Les agents de la Stasi ont une mission. 
Traquer les opposants au régime instauré par l'armée rouge à Berlin Est pendant la guerre froide
Imaginez.
Vous êtes capturé dans la rue.
Plusieurs raisons possibles.
Soit vous êtes soupçonné de complot
Soit 25 personnes viennent de périr à l'intérieur, il faut donc trouver 25 remplaçants.
La loi des quotas. Implacable, injuste et sans pitié.
Vous êtes arraché à votre quotidien.
Seules dix minutes vous séparent de la prison.
Pourtant, vos kidnappeurs vont conduire plus de 2H.
Pour vous faire perdre tous repères géographiques.
Dans une camionnette, plongé dans le noir.
Gardez bien en tête la vision de l'extérieur, vous en serez privé pendant votre séjour.

En arrivant, un dilemme. Pièce chaude ou pièce froide.
Entassés à douze, debout, dans une pièce à 38° ou seul dans une pièce a - 5°.
On vous laisse décider de votre supplice.
Il n'y aura pas de bon choix. 
Dans la cellule chaude, les murs suintent. 
Vous restez debout des heures durant.
L'interrogatoire commence à 22H. Il finit à 4h si vous avez de la chance.
Ce qui vous laisse 2H pour récupérer. 
Sinon, la sentence.
Interdiction de dormir ou de s'allonger jusqu'au prochain interrogatoire.
Vous craquez rapidement.
Le manque de sommeil. L'épuisement. Les mêmes questions encore et toujours.
Sur un sujet dont vous ignorez tout.
Les interrogateurs se comptent en milliers.  Ils se relaient pendant que vous luttez. 
Seul.
Pour achever les plus résistants, la torture de la goutte d'eau.
Invention chinoise réputée pour son extrême cruauté.
Attaché au niveau des épaules, un seau d'eau est mis en suspension au-dessus de votre tête.
La goutte retombe inlassablement au même endroit de votre crâne.
Durant des heures.
Des jours.
Petit à petit le poids s'accentue.
Comme si vous deviez résister aux assauts d'une masse.
Alors vous avouez. 
Unique et ingrate issue de secours dont le salut ne sera pas meilleur.
Un autre centre de détention, un jugement ou un camp de concentration pour les moins chanceux.

Cette expérience, notre guide nous l'a retranscrite comme personne.
La voix tremblante sous l'effet des températures négatives, elle nous fait part du sadisme calculé des agents de la Stasi.
Chaque action, chaque geste, chaque parole est destinée à vous anéantir, à vous défaire pièce par pièce avec une méticulosité effroyable.
Soudain, notre guide parle à la première personne. La visite prend une autre dimension.
Sa voix chevrotante du début, que je croyais due au froid, tremble en fait sous les souvenirs douloureux de son séjour à travers ces murs.
Cette femme au courage sans bornes, dont la seule faute fut de s'être battu pour ses idées s'est fait emprisonner 50 ans auparavant pour se faire broyer par un système carcéral irrémédiablement destructeur.
Elle contera les moindres recoins de cet instrument à torture psychologique avec une précision que seul le vécu peut retranscrire. 

Mémorial Hohenschönhausen
Genslerstr. 66
13055  Berlin 
Réservation et information : http://en.stiftung-hsh.de/index.php

Posté le mardi, mars 19, 2013 par Clément Schmitt

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mercredi 13 mars 2013

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Une petite faim avant d'aller chez Madame Claude ?
Arrêtez-vous au Burgermeister.
Le roi des burgers est situé dans le quartier turc de Kreuzberg.
Véritable vivier de bars, restaurants et fast-foods en tous genres.
Les kebabs, burgers et currywurst y sont légions. 

Posté le mercredi, mars 13, 2013 par Clément Schmitt

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samedi 9 mars 2013

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Madame Claude.
Ancienne maquerelle à la tête d'une horde de prostituées il y a 50 ans de cela.
Un nom plutôt approprié pour ce bar fondé dans une ancienne maison close.
Concept créé par 3 Français, le décor vaut le coup d'oeil.
A l'entrée le tarif varie.
1€ pour les gros radins et jusqu'à 6€ pour les plus généreux/ pas envie de passer pour un gros radin.

Posté le samedi, mars 09, 2013 par Clément Schmitt

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jeudi 7 mars 2013

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Restaurant italien isolé à l'entrée du quartier de Kreuzberg.
Plusieurs minutes de marche après être descendu du U-Bahn (Yorckstraße) on se demande si on ne s'est pas trompé d'adresse.
Parce que oui, l'endroit est désert.
On aperçoit enfin la bannière trentenaire à l'angle de la rue.
L'endroit est bondé mais on trouve une table. Le personnel est très serviable.

Posté le jeudi, mars 07, 2013 par Clément Schmitt

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mardi 5 mars 2013

Mustafa Kebab - Kebab Berlin - Manger à Berlin - Restaurant Berlin -Berlin pas cher










Le meilleur kebab de Berlin.
Petite case posée au milieu de la rue, le lieu ne paye pas de mine.
Seule une longue file d'attente peut attirer votre attention.
De jour comme de nuit, comptez au minimum 30 minutes pour accéder à l'orgasme gustatif.
Il nous a fallu plus d'1H30 la première fois.
2,90e le kebab et 3,90e le dorum.

Posté le mardi, mars 05, 2013 par Clément Schmitt

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