dimanche 2 octobre 2016


Kit Kat Club Berlin - Club Berlin - Bar Berlin - Boite Berlin - Sortir à Berlin












A ma sortie du club, je comprends le choix du nom de la célèbre barre chocolatée.
Certains se considèrent comme une friandise.
Une fois l'emballage enlevé à l'entrée, ils se laissent déguster par la suite.
Parce que oui, au Kit Kat, il ne faut être ni prude ni pudique. 
On vous le fait comprendre dès le vestiaire.
Avec un dilemme auquel je n'aurais jamais pensé être confronté.
Enlever son fut ou être torse nu, je ne pourrai pas entrer entièrement couvert.
Sans savoir pourquoi, j'enlève le bas. 
Choix que je regretterai quelques heures plus tard.
Lorsque je perdrai cigarettes et billets, faute de poche.

Je jette un oeil dans le miroir qui jouxte le vestiaire
Le style caleçon, chaussettes mérite le coup d'oeil.

L'homme qui embarque mon pantalon apparaît fier comme un prince avec sa couronne.
Son seul apparat se résume à un coquelicot qui trône au sommet de son obélisque.
Son regard fixe et libidineux me rend un brin mal à l'aise.
PiG, qui a bien choisit son lieu d'anniversaire, est plus inspiré et se met torse nu.
On est prêt.

Première surprise en débarquant dans la salle, un affreux personnage s'astique l'engin.
Assis sur son banc, son geste semble inné. 
Similaire à une araignée qui tisse sa toile, il s'exécute avec une obstination remarquable.
Mécanique et redondante, l'action semble vouée à ne jamais s'arrêter.
Passée cette première rencontre, je continue mon chemin et tombe sur une piscine.
Ou plutôt une fosse à V.I.H.
Même la plus chaude des nuits d'été me tiendrait à l'écart de ce marécage.
En sortant, j'aperçois un escalier en colimaçon. 
Je retrouve PiGeon à proximité.
Nous partons découvrir l'étage.
Arrivés en haut, une partouze. 
Ou plutôt un enchevêtrement inextricable de mâles en action.
Horizontal ou façon légo, chacun y trouve son compte.
L'un d'eux interrompt sa gâterie et pose un regard sur moi.
Je descends (vite) les escaliers.

Nous allons profiter des fruits frais et prédécoupés mis à disposition au bar.
Amusé, je me laisse à observer la foule, spectatrice ou protagoniste selon la situation.
Aucune de ces actions ne semblent choquer. 
Cet antre n'est régi par aucune morale.

Je sens de l'agitation sur ma gauche qui me sort de ma contemplation ahurie.
Une cougar en bas résille tend une jambe et vient gratter le mollet de mon collègue.
Je ris mais m'écarte par précaution.

Au milieu de ce spectacle mêlant surprise et amusement, un regard.
Féminin cette fois.
Insistant mais sexy. 
Aguicheur sans être vulgaire. 
Je me laisse tenter.
Elle a prévu la tenue appropriée.
Mon accoutrement fait pointer un inconvénient supplémentaire.
Au milieu de la piste, nous apercevons un lit. 
Un couple y fait vigoureusement l'amour.
Un troisième est occupé à lapper l'anneau du premier.
L'inconvénient s'évanouit.
Nous partons.

De cette soirée je retiendrai une chose.

Draguer en caleçon, c'est possible.


Köpenicker Straße 76
10179 Berlin
Arrêt Heinrich Heine-Str (U8)

Posté le dimanche, octobre 02, 2016 par Clément Schmitt

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jeudi 17 mars 2016

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C’est LE club à Berlin.
Symbole de la vie nocturne berlinoise et internationale.
Prononcez Bairkagne pour avoir l’air cool.
Vous ne trouverez quasiment aucune photo de l'intérieur.
Déjà, pour préserver son aura mystérieuse et intrigante.
Mais surtout car ce qui s'y passe n'est pas fait pour être vu.
Meilleurs DJs, meilleur système de son, meilleur club au monde.
Le club regroupe tous les superlatifs.
Mais pas seulement.
Le Berghain, c'est aussi drogue et décadence.
Ce sont des soirées qui s'étalent sur 72H de suite.
C'est un sous-sol à la réputation extrême.
Connu pour ses soirées «caca » et ses balançoires à fist.
C'est une défonce permanente où aucune règle, aucun tabou, aucune limite ne viendra vous arrêter.

Gonflés à bloc, nous partons donc à l'assaut du monument.
En pleine zone industrielle, nous apercevons la mythique bâtisse.
Des basses puissantes et régulières s'échappent d'épais murs gris et défraichis.
En s'approchant, on distingue des lumières colorées qui jaillissent des vitres ternes et crasseuses.
Abritant jadis une usine électrique, le colossal bloc de béton est réellement impressionnant.

Une queue extrêmement longue nous fait face.
Un marchand de bière ayant senti le bon plan s'est installé en amont.
Un ravitaillement deux fois plus cher qu'à l'accoutumer.
Ce qui ne décourage pas la file d’attente de plus de 2H, qui s'abreuve sans broncher.
Plus nous avançons, plus le nombre de groupes refoulés se fait remarquer de manière inquiétante.
Sven, videur emblématique du lieu, se dresse enfin devant nous.
L’homme au visage recouvert de tatouages nous scrute sans dire un mot.
Il n'en dira finalement qu'un.
Nein.
Index pointé vers la direction de la déception.
Aucune raison ne sera donnée.
On oublie qu'on vient de se les geler deux plombes dans le froid et on s'arrache dans l'indifférence.
Parce que oui, la réputation du Berghain s’est aussi construite sur sa très sévère sélection à l’entrée.

Environ une personne sur deux est autorisée à franchir les portes.
Fatalement, une personne sur deux entend "Nein".
Cette personne, je l’ai été à plusieurs reprises.
Sept fois de suite pour être précis.
Mais jamais désespéré.
Animé par une obstination obsédante, j’ai tenté et retenté.
Lu « le berghain pour les nuls ».
Suivi les multiples conseils des précédents entrants.
Essayé de rentrer avec plusieurs combinaisons possibles.
A deux avec une fille.
A deux avec un mec.
Tout seul.
Habillé en noir, avec capuche, sans capuche...
Rien n’y faisait.

Pendant cinq mois, tel un puceau, je devais avouer honteusement ma virginité du Berghain.
C'était comme aller faire une grille de loto hebdomadaire.
Les chances sont faibles mais on tente quand même avec une certaine excitation.
Pour éviter de moisir chacune de mes soirées, les tentatives s'effectuaient en deuxième partie de nuit.
Je ne disais même plus : "je vais tenter le Berghain".
Mais : "je vais me faire recaler et je vous rejoins".
Jusqu’au jour où ...

Lire la suite Berghain (2/2) : Enfin !

Am Wriezener Bahnhof 1,
10243 Berlin
Arrêt Ostbahnhof
Ven - Dim

Posté le jeudi, mars 17, 2016 par Clément Schmitt

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